Résumé BEL-AMI (
MAUPASSANT)
PREMIERE PARTIE
Chapitre 1 :Premiers succès sur le boulevard
Georges Duroy est un
ancien sous-officier qui a gardé de son métier l'arrogance, une soif, un désir
violent de réussir à Paris, quels qu'en soient les moyens. C'est un chasseur sur le boulevard, en quête
de bonnes fortunes. La chance aidant,
il rencontre Charles Forestier, un ami de régiment, rédacteur politique à La
Vie Française. Ce journaliste
arrivé - encore que malade - lui conseille de suivre sa propre voie car c'est
par la presse, la grande, qu'on arrive à Paris. Forestier invite alors Duroy à dîner pour le lendemain : il
rencontrera le Patron, M. Walter, ainsi que des journalistes et des femmes.
Chemin faisant, les deux
compères arrivent aux portes des Folies-Bergères : on va assister -
gratuitement - au spectacle. À la sortie, une fille, Rachel, remarque la
prestance de Duroy et l'entraîne.
Forestier, en connaisseur, constate : " Dis donc, mon vieux, sais-tu
que tu as vraiment du succès auprès des femmes ? Il faut soigner ça. Ça peut te
mener loin ” (P. 45).
Chapitre Il : un dîner important
Pénétré de sa valeur, tout
à sa joie d'une première réussite, Duroy, qui a soigné sa tenue de soirée, se
présente chez Forestier. Passées les
premières timidités devant le patron de La Vie Française, il s'enhardit
et raconte à sa manière la situation économique de l'Algérie et ses souvenirs
d'Afrique.
L'évidente facilité du
conteur appelle la curiosité autour d'un sujet mal connu. Et d'abord celle de trois femmes - Mme
Forestier, Mme de Marelle, son amie, et Mme Walter, la femme du Patron - “ qui
avaient les Yeux fixés sur lui ”. Une bonne soirée: trois femmes - sans compter
la petite Laurine, fille de Mme de Marelle - l'admirent, et le Patron lui donne
rendez-vous pour le lendemain, non sans lui avoir commandé “ une petite série
fantaisiste sur l'Algérie ” (p. 56).
Chapitre III : une "collaboration réussie"
Duroy est rentré chez lui
- une triste chambre dans un immeuble crasseux - et commence l'article
promis. L'inspiration se fait attendre
; il rêve au pays natal, aux vieux parents normands qui “avaient voulu faire de
leur fils un monsieur ” (P. 66-67) : il ne les décevra pas. Mais la plume le trahit et il doit se rendre
auprès de Forestier pour lui expliquer ses difficultés. Toujours compréhensif, l'ami le pousse à
rencontrer sa femme, elle-même journaliste de talent, experte en l'art d'écrire
des chroniques.
Madame Forestier,
énigmatique et sûre d'elle-même, écoute son récit algérien et montre à Duroy,
médusé, comment on s'y prend pour offrir au public un papier qui
l'intéresse. Très amicale, elle engage
l'homme à rendre visite à Mme de Marelle cependant qu'arrive le comte de
Vaudrec, “ le meilleur et le plus intime de nos amis ” (p. 77),
précise-t-elle. Duroy, gêné, s'efface.
À La Vie Française où il se rend plus tard, il
s'étonne de trouver des femmes parmi les journalistes - une nouveauté dans la
presse moderne - et commence à découvrir que tout est fait pour le paraître,
pour l'apparence, pour le masque.
Forestier le fait pénétrer dans le bureau de Walter qui confirme
l'engagement de son nouveau collaborateur et lui demande de continuer sa série
d'articles sur l'Algérie.
Chapitre IV : le faux pins
Duroy connaît la joie de lire
“son ” article, le lendemain, dans La Vie Française. Il commence à s'initier aux besognes
routinières du journal : Saint-Potin, un journaliste astucieux, lui explique
comment faire un article sans se déranger, brosse un Portrait du Patron, “ un
bon zig qui ne croit à rien et roule tout le monde ”, et du journal “ fondé
[…]pour soutenir ses opérations de bourse et ses entreprises de toute sorte ,
(P. 91). Quant à Madeleine Forestier,
C'est “ une rouée, une fine mouche.
C'est la maîtresse d'un vieux viveur nommé Vaudrec, le comte de Vaudrec,
qui J'a dotée et mariée... ” (p, 92).
Ces premiers
apprentissages n'ont pas fait progresser Duroy dans l'art d'écrire: il doit
quémander l'aide de Forestier. Cette
aide lui est refusée et il doit se résoudre, avec sagesse, aux durs
apprentissages du métier. Il rêve, le
soir, “ aux procédés qu'il pourrait employer ” pour atteindre l'aisance (p.
101).
Chapitre V - Une Facile Conquête
Duroy ne progresse pas
assez vite à son gré. Il se souvient
alors du conseil de Mme Forestier: “ Allez donc voir [Mme de Marelle] un de ces
jours ” (p. 77). Cette visite lui
procure une alliée: la fille de la maison, la petite Laurine. À son tour, la
mère se laisse séduire par le beau sous-officier et l'invite à un dîner “
intime ” avec les Forestier. Ce dîner
commence dans la bonne humeur mais s'achève trop vite: Forestier, malade, doit
rentrer.
Georges Duroy raccompagne
Mme de Marelle, lui fait une cour pressante à laquelle elle répond
favorablement: “ Il en tenait une, enfin, une femme mariée! une femme du monde!
du vrai monde! du monde parisien ! Comme ça avait été facile et inattendu ! ”
(p. 116-117). Alors les rendez-vous se
succèdent: chez Mme de Marelle où Laurine, sa fille, baptise le jeune homme du
nom de Bel-Ami; dans le triste appartement de Bel-Ami, une garçonnière louée
par l'obligeante maîtresse. Il devient
habituel d'oublier la présence d'un mari et de s'encanailler dans les bistrots,
“ dans tous les endroits louches où s'amuse le peuple ” (p. 129).
À ce jeu, les maigres
ressources de Duroy fondent à vue d'oeil et Clotilde de Marelle, quia perçu la
gêne de son amant, glisse dans ses vêtements pièce après pièce. Il doit accepter, en grognant, ces
générosités nécessaires et obéir à tous les caprices de la femme. Mais il se trouve que l'un de ces caprices
amène les amants aux Folies-Bergère où Rachel entreprend de se faire
reconnaître par Duroy. Gêné, l'homme se
sauve sous les quolibets de la fille.
Clotilde quitte le maladroit, tout déconfit.
Chapitre VI : vers d'autres amours
Duroy a vite retrouvé son
aplomb et déclare à Mme Forestier son amour naissant. Très grande dame, elle écarte l'intrus au nom d'une conception
très moderne de la passion : toute passion est dangereuse et “je cesse, avec
les gens qui m'aiment d'amour ou qui le prétendent, toute relation intime ” (p.
147). Madame Forestier engage Duroy à
rendre visite à Mme Walter, la femme du patron, une femme utile, avec une
réputation sans tache.
Le journaliste fait son
chemin. Les leçons de Mme de Marelle et
celles de ses amis reporters ont porté leurs fruits. L'homme qui se présente chez Mme Walter a acquis l'aisance et le
délié.
Devant un cercle féminin
très choisi, il produit forte impression en ridiculisant ces messieurs de
l'Académie: la semaine suivante, il est nommé chef des Échos, ces Échos qui
sont “ la moelle du journal ”, la somme des petits entrefilets aguicheurs et
trompeurs où chaque lecteur doit trouver son intérêt. Un intérêt qui peut être politique ou culturel, professionnel ou
social, quand “ il faut penser à tout et à tous ” (p. 155).
Le journaliste va montrer
là toutes ses qualités de ruse, d'astuce, de souplesse et de flair pour réussir
dans la fonction. Et comme une bonne
nouvelle peut cacher d'autres bonnes nouvelles, il est invité à dîner chez les
Walter, reçoit un salaire de Crésus et songe à ses parents normands et au pays
natal.
Le dîner - en présence de
tous les rédacteurs du journal est somptueux.
Duroy fait plus ample connaissance avec les deux filles Walter, Suzanne
en particulier. Il revoit Mme de
Marelle : c'est la réconciliation. Le
vieux poète Norbert de Varenne, étrange figure de raté pessimiste, l'accompagne
sur le chemin du retour en lui administrant un véritable sermon sur la mort.
L'homme s'arrache à ce
pessimisme durement révélé à la pensée de sa rencontre du lendemain avec Mme de
Marelle.
Forestier, de plus en plus
malade, doit partir pour Cannes et son soleil.
Bel-Ami rappelle à sa femme qu'elle peut compter sur son dévouement, en
toute occasion.
Chapitre VII : un incident de parcours: le duel
Charles Forestier est
loin, Duroy signe ses premiers articles politiques mais il doit faire face à
l'humeur belliqueuse d'un reporter de La Plume qui le prend rudement à
partie tout en égratignant le journal.
Un échange de communiqués insultants n'arrange rien : un seul recours,
le duel. Bel-Ami possède quelques
qualités d'apparence et beaucoup de savoir-faire et d'ambition, mais bien peu
de courage physique.
Le choix des armes
l'inquiète, puis l'angoisse, le terrorise.
On se battra au pistolet. Malgré
une formation accélérée, il se sent au bord de toutes les lâchetés.
La chance aidant, les
balles épargnent les deux hommes.
L'honneur de La Vie Française est intact et Bel-Ami reçoit les
chaudes félicitations du Patron et les tendresses renouvelées de Mme de
Marelle: on s'installe dans la garçonnière du bonheur.
Chapitre VIII : la mort de Forestier
Duroy et Clotilde
consacrent leur entente quasi familiale - M. de Marelle, toujours absent, ne compte
pas - quand arrivent de mauvaises nouvelles de Cannes : Charles se meurt et sa
femme demande l'aide promise par l'ami.
À Cannes, c'est l'heure
difficile d'une longue et crispante agonie.
La maladie n'en finit pas de jouer avec les dernières forces du
malade. Bientôt, il faudra veiller le
mort et ne pas se laisser prendre aux ultimes angoisses du hideux
spectacle. C'est le moment que choisit
Bel-Ami, profitant des circonstances qui lui sont favorables, pour redire à
Madeleine Forestier son amour et son espoir d'un mariage. Sans écarter le projet, la brillante
journaliste en fixe les limites : “ Le mariage pour moi n'est pas une chaîne,
mais une association Mais il faudrait aussi que cet homme s'engageât à voir en
moi une égale, une alliée ” (p. 224-225).
Conscient des progrès
réalisés, Duroy se montre compréhensif : il saura attendre.