|
CHATEAUBRIAND 1768-1848 Chateaubriand a été le fondateur de l’école Romantique, non parce qu’il
en a formulé la doctrine, mais parce que la plupart des éléments de
l'esthétique romantique son renfermés dans son oeuvre. Théophile Gautier a dit que Chateaubriand a : a) restauré la cathédrale gothique ( voir
vol. 1 page. 139 annexe 2) b) rouvert la grande nature fermée c) inventé la mélancolie moderne (texte1 vol.2 pag.14-15) a) Ceci doit s’entendre au sens propre et
au sens figuré. Au sens figuré : par le « Génie Du Christianisme » il n’a rien ajouté au fond
même de la théologie, mais il a brisé (rotto) la tradition antireligieuse du
XVIIIème siècle. en expliquant et
justifiant le sentiment religieux. Au sens propre : il
a ramené la curiosité et
l’intérêt vers le Moyen Age , et si dédaigné par des raisons
différentes des XVI ème, XVIIème, XVIIème siècles . Il a tenté d’expliquer institutions, moeurs, monuments. A
l’architecture pseudo -grecque, il a opposé l’art gothique national, dont a
montré les rapports symboliques avec notre religion et le paysage.Þ( Lecture vol.1 page. 139 Les églises gothiques). Ceci n’est pas tout à fait exact parce
que la nature n’était pas fermée pour une société qui avait pu lire Rousseau
et Bernardin de Saint Pierre. Mais il est par contre juste dire que C. a étendu et transformé le sentiment
de la nature. Etendu le sentiment de la NatureÞ car Rousseau avait décrit la Suisse, la
Savoie, la foret de Montmorency. C. a
peint l’immensité de l’Océan ( Mémoires
d’Outre Tombe), la foret américaine (Voyage
en Amérique, Atala, René ,Les Natchez )
, la campagne romaine, la Palestine (Itinéraire de Paris à Jérusalem). Les gestes sont appropriés au fond avec
lequel ils s’harmonisent. La couleur
locale qu’on ne peut pas reconstituer archéologiquement, est avant tout
un rapport. Atala, par exemple ne pourrait changer de cadre sans changer de
psychologie. Transformé le sentiment de la NatureÞ La description des paysages
chez les écrivains pré- romantiques
reste objective, leur âme ne semble pas se mêler au paysage. C. interroge la
nature, il l’associe à sa douleur, il la trouve maternelle ou indifférente,
il l’adore ou la maudit : c’est la
conception romantique de la nature
qui doit défrayer ( alimentare) toute la grande poésie lyrique de 1820
à 1850 b) La mélancolie ( si on entent la
lassitude morale et le dégoût de la vie) existait évidemment avant C. , il
suffit de penser au protagoniste de la Nouvelle
Héloise de Rousseau et surtout au Werther de Goethe (traduit en français
dès 1778). Mais les Saint-Preux et
les Werther sont surtout des révoltés, des excentriques. Dans le René de C.,
par contre toute une génération se reconnaît. René incarne le mal du
siècle : ruines, morts violentes, déceptions morales et
scientifiques, rêves humanitaires démentis par la brutalité des faits, et en
face de ces maux et de ces
douleurs, aucune consolation, point de croyances positives, un vague déisme,
une vanité rebelle, des passions exaltées et inassouvies. Tels sont les
éléments historiques et sociaux dont se forme vers 1800, entre les secousses
de la Révolution et les campagnes de l’Empire, cette mélancolie d’un genre
nouveau. On trouve donc dans C. tous les thèmes
de la grande poésie romantique. Quand Lamartine donne ses Méditations, en 1820, le public formé par la
lecture de René et du Génie
du Christianisme semble lui dire : « Je t’attendais ». c) Il faut aussi ajouter que C. , en
réalisant les théories de Mme de Staël , a révélé la « critique » . Son plaidoyer ( arringa) en faveur du merveilleux
chrétien est basé « beaucoup moins sur la supériorité d’une
doctrine » que « sur la nécessité » de répondre en écrivant aux croyances de son temps. Légitime chez Homère , la mythologie est
absurde pour des chrétiens.
Et il révèle aux classiques eux – mêmes , qui semblaient pas l’avoir senti,
que leur originalité éclatait là où ils avaient enrichi et modifié au nom de ce principe de relativité, les
types fournis par leurs modèles. d) LE STYLE Pour ce qui concerne le style, C. procède à la fois des grands écrivains classiques comme Pascal, Bossuet et Voltaire et des précurseurs du romantisme. Mais ce qui le distingue c’est que C. EST UN GRAND PEINTRE QUI A LE DON D’EVOQUER DANS NOTRE IMAGINATION LES PAYSAGES LES PLUS DIVERS. A la prose musicale ne manque que la
rime Cette rime que Lamartine le premier lui donnera. LECTURES :
Vol.1 « Les églises gothiques » page.139 LECTURE ET ANALYSE : Vol.2 «
L’étrange blessure » pages
14-15 THEORIEVol 2 -Chateaubriand , diplomate et écrivain déjà romantique pages
12-13 Vol 2- Encadrement historique : pages 8-9-10 Photocopie : Origines françaises du romantisme RIFERIMENTI : Rousseau : Vol 1 - Texte
85 page 404 Bernardin
de Saint Pierre : Vol 1 - Annexe 8 page 427 L’Abbé
Prévost – vol 1 - Texte 72 page 358 |