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LES ELEMENTS ESSENTIELS DU CLASSICISME
Les éléments essentiels du classicisme français sont:
le respect des anciens considérés comme des maîtres plutôt que
comme des modèles. On ne s'intéresse
pas chez eux à la partie archéologique, historique ou sociale; mais on leur
demande des lieux communs de
psychologie et de morale, que l'on enrichit de tout ce que l’ âme humaine
a gagné par le christianisme; et des genres, que l'on modifie pour les
accommoder au monde poli du XVIII siècle.
Le christianisme, c'est-à-dire la conception de l'homme
foncièrement corrompu et qui doit combattre ses mauvais penchants,
anime toute cette littérature, ce christianisme est poussé jusqu'au Jansénisme. Cependant les poètes (écrivains) usent de
la mythologie mais ils n'y voient qu'une convention. Ils respectent trop ou
sont trop obligés de respecter le christianisme pour pratiquer le merveilleux
chrétien.
La littérature classique est
psychologique.
Elle s'occupe de l' homme intérieur qu' elle juge seul
intéressant. Le monde extérieur
apparaît seulement comme cadre ou comme décor. Cette psychologie est
générale et choisie; elle vise au vrai et surtout au
vraisemblable, c'est-à-dire un ensemble de traits où l' homme de tous les temps puisse se reconnaître.(
voir Corneille-Racine-Molière)(positivisme)
La qualité dominante est la raison, c'est-à-dire la faculté qui nous
permet de séparer le vrai du faux, le relatif de l'absolu. Rien ne serait plus naïf que de refuser
l'imagination et la sensibilité aux écrivains de ce siècle, mais chez eux, la
raison est dominante; elle tient en bride et discipline les autres
facultés. De l'absence du lyrisme qui
est fait de rêveries et d'élan passionné.
Toute cette littérature est
impersonnelle. L'auteur n'exprime pas directement sa
propre façon de penser ou de sentir. Il
traite didactiquement ou dramatiquement ses sujets, c'est-à-dire qu' il
développe des principes pris en dehors de lui, ou qu' il fait parler, selon le vraisemblable, à chacun de ses personnages,
le langage de situation et de son caractère.
Cela ne empêche que les grands écrivains ne manifestent leur
personnalité.
Les genres sont distincts et ont leur lois. Mais
dans chaque genre la variété intérieure n'a jamais été plus grande. Parmi
toutes les règles il faut faire une
place à part aux trois unités.
La langue des écrivains classiques reste bien personnelle à
chaque écrivain en dépit des règles de l’Académie et des Salons
littéraires. Le style, plutôt, a
des caractères généraux. Il s'est
dégagé de la syntaxe latine et il a acquis un suprême degré de clarté. Même dans les genres les plus familiers, le style du XVIIIe
siècle a une allure élégante, une décence, une mesure qui lui viennent de la
conversation polie. Il ne descend jamais
à la trivialité.
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