VICTOR HUGO (1802-1885)

 

 

L’homme

 

A cause de sa longue vie et de la multiplicité de ses intérêts, Hugo peut être considéré l’écrivain le plus représentatif de son siècle.

Il a dit de lui-même « je suis l’écho sonore de mon siècle »

En effet dans son œuvre exceptionnelle à la fois par sa qualité,  sa diversité et son étendue, nous pouvons y trouver les éléments du romantisme, du réalisme et du symbolisme.

En politique, il fut d’abord royaliste-catholique et il chanta avec conviction les Bourbons (Chateaubriand était son poète).

Avec son frère Abel il fonde le « Conservateur Littéraire » et collabore à al « Muse Française » (vedi De Musset).

Mais après les ordonnances et la Révolution de Juillet, il se rapproche de Louis Philippe qui le nomme Pair de France en 1845.

Cependant il salua avec enthousiasme la Révolution de 1848 et il est élu déPUTé à l’Assemblée nationale comme représentant du peuple (avec des voix bourgeoises). Pendant les journées de juin il combat le gouvernement Cavaignac qui réprime l’insurrection et menace la liberté de presse.

Il croit un moment que le prince Louis Napoléon est l’homme désigné pour réaliser un programme d’ordre et de progrès et il mène en sa faveur une ardente campagne pour son élection à la Présidence de la République.  Mais le prince-président écarte sa candidature. Hugo passe alors à l’opposition et dans le discours violent prononcé le 17 juillet 1851, il dénonce à l’Assemblée les ambitions dictatoriales de « Napoléon le Petit ». Au coup d’Etat, il prend la voie de l’exil et dès lors il passera 20 années à l’étranger, d’abord à Bruxelles, puis à Jersey et à Guernesey, deux îles anglaises de la Manche.

Avec la chute de Napoléon, il retourne en France, mais il ne participe pas à la Commune, tout en compatissant aux martyrs de la cause du peuple. Il participa aux événements qui portèrent à la fondation de la Troisième République, fit partie de l ‘Assemblée Nationale et en 1876 fut élu sénateur de la Seine.

Victor Hugo plaida toujours la cause des peuples opprimés, combattit la peine de mort et dénonça la misère du peuple. Nous pouvons dire qu’il fut libéral et humanitaire sans être socialiste.

 

 

Le Romancier

 

Tout jeune encore, Victor Hugo écrivit des romans « terribles » dont la lecture fait aujourd’hui sourire.

 

Son premier  roman digne d’estime est   « Notre-Dame de Paris » 

Si l’invention et la psychologie de ce roman sont très faibles, V. Hugo prend sa revanche dans la partie descriptive ou il faut louer surtout la puissance de son imagination.

 

« Les Misérables » commencé en 1850 ne sont publiés qu’en 1862.

C’est un roman « thèse ». Sous l’influence des doctrines humanitaires et socialistes, H. plaide la cause de tous ceux que la société méprise, et dont on pourrait lui imputer à elle tous les crimes.

 

Citons encore : « Les travailleurs de la mer » écrit en exil, ou Hugo se retrouve poète, descriptif, mais avec une exubérance qui gâte ses plus belles visions.

 

« L’homme qui rit » et « Quatre-Vingt-Treize » sont ses derniers romans.

 

Parmi les différents genres du roman cultivés au XIX ème siècle, V. Hugo préfère le roman historique.

 

Le roman historique est celui dont les héros, tantôt empruntés à l’histoire, tantôt conventionnels et imaginés par l’auteur, ont placé dans toute l’Europe  une floraison d’œuvres analogues.

 

En France les plus illustres représentant de ce genre sont :

Alfred de Vigny (vedi  autore « cinq Mars »)

Victor Hugo

Alexandre Dumas père

« Le Capitaine Fracasse » de Th. Gautier

 

Il faut aussi ajouter les romans plus ou moins historiques du roman feuilleton. C’est vers 1840 que les  journaux commencent à publier par  parution quotidienne de grands romans.

Dans les romans de V. H. c’est le lyrisme et l’imagination qui dominent.

 

Le poète

 

L’œuvre lyrique de V.H. est immense.

Ce qui frappe davantage dans son œuvre poétique c’est imagination et la connaissance parfaite de toutes les ressources souples et souvent hardies.

Si nous lisons une poésie de Lamartine, de Vigny et de V.Hugo, nous voyons que Hugo n’a pas la sensibilité de Lamartine, il ne possède pas l’originalité de pensée de Vigny, mais par le son et par le rythme il sait éveiller dans l’âme un lointain et mystérieux retentissement.

C’est pourquoi sa poésie ravit les sens, mais très rarement parle au cœur et à la sensibilité : il tend toujours à l ‘ELOQUENCE.

 

Il faut aussi remarquer que le lyrisme de V.H. est moins personnel que celui des autres poètes romantiques.  S’il a parlé de ses sentiments, de sa famille (vedi Contemplations) il l’a fait de manière à exprimer des sentiments communs à tout le monde.

 

1.    Le premier groupe de son œuvre poétique embrasse les années  comprises entre 1822 et 1829 et comprend les recueils des

werbul1a   ODES (1822)  influence de Chateaubriand et  Lamartine

werbul1a   BALLADES  révèlent une inspiration pittoresque qui s’épanouit dans

werbul1a   LES ORIENTALES (recueil qui lance un fervent appel en faveur de l’indépendance de la Grèce.)

C’est la période de la virtuosité formelle

Dans cette période le jeune poète cherche sa voie et son inspiration. (influence de Chateaubriand et Lamartine)

 

1.Le deuxième  groupe embrasse la période comprise entre 1831 et 1840

Cette période comprend 4 recueils différents :

Les Feuilles d’Automne(1831) (vers intimes, empreint d’une mélancolie douce vers de la famille, de la vie privée, de l’intérieur de l’âme)

Son père et sa mère étaient morts. Son frère Eugène avait été frappé d’une maladie mentale

 

Les Chants du Crépuscule (1835) qui reflètent une double crise :

werbul1a   Une crise intime : la foi du poète vacille, son bonheur conjugal s’est évanoui, il éprouve pour Juliette Drouet une passion ardente

werbul1a   Une crise politique : Hugo devine que la Monarchie de Juillet ne sera qu’un régime transitoire

Ainsi la note dominante c’est cet étrange état crépusculaire de l’âme et de la société

           

Les Voix Intérieures (1837) Ces voix sont celles qui parlent au cœur, de la nature, qui parlent à l’âme, à l’esprit. Il Médite aussi sur les événements contemporains.

 

Les Rayons et Les Ombres (1840) Ce recueil, le dernier avant l’exil révèle chez l’auteur une réflexion plus profonde sur sa propre mission et une inspiration plus largement humaine

 

Dans ces quatre recueils le poète aborde le véritable lyrisme.

Le sentiment est devenu plus personnel et plus profond et un fil de tristesse traverse les 4 recueils en les reliant ensemble.

 

2.    Après 13 ans de silence s’ouvre la troisième période du lyrisme de V. H. qui comprend les années d’exil.

C’est l’époque des :

Châtiments (1853) ( expiation : lyrique épique et satirique)

La verve satirique se présente sous deux formes essentielles :

werbul1a   Violence indignée qui jette l’anathème sur le crime

werbul1a   L’ironie qui raille la bassesse

 

 

La Légende des siècles (histoire de l’humanité à travers les siècles pour montrer son progrès)

 Le lyrisme est toujours présent comme inséparable, soit de l’inspiration satirique (Châtiments) soit de l’inspiration épique ( La légende des Siècles)

 

            Autrefois

 

Contemplations         Aujourd’hui   1843   (mémoire d’une âme, journal d’une

                                                                                  destinée)

 

L’œuvre se compose de 2 volumes, un abîme les sépare : le tombeau de Léopoldine

ce livre trace l’itinéraire moral et spirituel du poète

 

La mort de Léopoldine à Villequier (1843)

L’échec des Burgraves (1843)

La Déception Politique (1851)

Ont été le coup de fouet magique qui a soulevé le poète aux plus hauts sommets lyriques. Désormais libres de toute contrainte de chef (L’école romantique  s’était dispersée après l ‘échec des Burgraves) V.H. déploie librement son génie. Le contact avec la nature et avec la solitude de l’exil exaltent son acuité visuelle, la douleur lui donne un accent douloureusement passionné et sincère, la passion politique confère à sa poésie  la virulence d’un pamphlet.

 

Les trois recueils représentent le meilleur de son œuvre poétique.

 

3.    La Quatrième  période comprend :

 

Les Chansons des Rues et des Bois

L’année Terrible (1872)

L’art d’être grand- père

Les quatre Vents de l ‘esprit

 

Où il donne encore des pages admirables.

 

 

Le Dramaturge

 

Les  drames de Victor Hugo sont la partie de son œuvre qui a le plus vieilli.

Ses pièces valent plus par ses qualités d’imagination et de forme, par leurs beautés lyriques que par  leurs qualités dramatiques.

 

Il expose ses théories (qui seront celles du drame romantique) dans la fameuse Préface du Cromwell en 1827 ( ce drame ne sera jamais représenté).

 

C’est le moment où la bourgeoisie a acquis une position dominante et mène à bonne fin sa lutte contre l’aristocratie survivante, où sa puissance financière et politique s’est accrue grâce au développement des entreprises industrielles.

Désormais, le romantisme va refléter de plus en plus les soucis esthétiques de cette  bourgeoisie qui souhaite d’opposer l’art et la littérature, pour son propre prestige, à la revendication toujours plus vive d’une part de la petite bourgeoisie, des artisans et des ouvriers frustrés des avantages de la Révolution.

 

Cette préface a été considérée le manifeste de la jeune école dramatique : ce n’est pas qu’elle soit fort originale.

Toutes les idées de V.Hugo sont dans la critique courante de son temps.

 

Madame de Staël par ses analyses de Shakespeare, de Goethe et de Schiller, avait répandu dans le public lettré le goût et le désir d’une forme dramatique  plus libre.

Les journaux du temps, « le Conservateur Littéraire ”, «  la Muse Française » « le Lycée Français », «  Le Globe », en discutant  à leur apparition les pièces nouvelles, indiquaient la voie à suivre  pour substituer à al tragédie caduque un genre nouveau et vivant .

Le célèbre Manzoni, répondant à un compte rendu de son premier drame, «  Carmagnola » publiait en 1820 une « Lettre sur les unités » ( à laquelle dut collaborer Fauriel ) , qui est la plus fine et judicieuse discussion que l’on ait produite sur le système classique français. Mais, qui, en France avait lu cette savante  étude ? .

 

V.Hugo par contre sut faire de sa préface une machine de guerre, énorme et bruyante, revêtue d’un style éclatant.

 

N’oublions pas non plus que d’autres écrivains défendaient les mêmes idées :

 

Stendhal en 1823 dans la préface de son Racine et Shakespeare, de Vigny traite la question des unités, du  style, de la liberté au théâtre en tête de sa traduction de Chatterton et de Musset avec son persiflage spirituel.

 

La doctrine du drame romantique dont V. H. a été le plus fameux  théoricien peut se résumer en 5 points :

1.    mélange des genres

2.    sujets empruntés à l’histoire moderne

3.    abolition des unités de temps et de lieu

4.    abolition des bienséances (galateo)

5.    emploi du vers ou de la prose